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jeudi 2 avril 2009

« FISCI JUDAICI CALUMNIA ». De TITUS à DOMITIANUS, la persécution fiscale des juifs.




fig.1- réf. coins archive


Fig.2 - réf. sacra moneta
Sesterce de NERVA (96-98 après J.C) / revers : Palmier prospère ; (FISCI JUDAICI CALUMNIA SUBLATA ); S C.


« JUDAICI CALUMNIA ». Tels sont les termes rapportés sur l’une des plus significatives monnaies de l’empereur NERVA (fig.1*).
Le sesterce à l’effigie de NERVA avec au revers, un magnifique palmier prospère arborant ses « mamelles » pleines de dattes, acclame la clémence fiscale à l’encontre des juifs pourchassés de longues années depuis TITUS à DOMITIANUS.


La destruction du temple de SOLIMAN par TITUS s’est accompagnée par la plus terrible persécution des juifs, celle d’un impôt discriminatoire à verser annuellement dans les caisses de l’empire. Il est vrai que cet impôt correspondait aux deux drachmes d’époque versés depuis très longtemps par le peuple élu dans les caisses de leur temple vénéré pour l’entretien et l’illumination judaïque. Lorsque TITUS demanda aux juifs les plus riches d’orient de renflouer ses caisses désespéramment vides, ces derniers refusèrent d’aider les païens de ROME. Ils récoltèrent alors destruction et persécution. En plus du versement forcé de leur argent. Une pratique fiscale injuste envers le peuple élu. Mais une pratique qui plaisait énormément au successeur de TITUS. Au point que DOMITIANUS le tyran, ne voyait en face de lui que du juif à dévaliser. Ainsi, il étendra cette taxe fiscale aux amis des juifs et aux personnes les fréquentant et vivant comme eux (cf.Suétone/Domitianus). Le fisc impérial de DOMITIANUS se régala de la dénonciation « CALUMNIA » des uns contre les autres. Et il aura fallu le courage d’un empereur sensible et tolérant comme NERVA pour mettre fin à cette pratique fiscale discriminatoire.

En deux ans de règne, de 96 à 98 après J.C, NERVA a tenu à réhabiliter soit peu la communauté juive persécutée sans arrêt tout le long de ce premier siècle.
Tolérant, il a été l’oeil témoin des règnes de 4 empereurs romains qui ont fait beaucoup de mal aux juifs, accusés de déstabiliser l’empire en prêchant activement leur religion judaïque monothéiste tout en entretenant une économie communautaire sectaire. En affaiblissant le judaïsme de la sorte, les empereurs romains du 1er siècle ne se doutaient pas qu’ils allaient favoriser une autre religion monothéiste bercée dans le christianisme du juif de Nazareth, de loin plus redoutable pour la stabilité de l’empire et qui détrônera de manière spectaculaire l’ensemble des religions au 4ème siècle.



Fig.2 : Lampe romaine au palmier prospère (24.3 CL50)

Voilà que le revers de la monnaie de NERVA au symbolique du « palmier prospère» attribué aux juifs d’orient se retrouve également sur les lampes à huile romaines de l’autre rive de la méditerranée (fig.2).
Cette fois-ci, la lampe au symbolique du palmier est retrouvée à côté de lampes de même forme mais de symbolique chrétienne "XP" (fig.3).






Fig.3 : Lampe romaine au symbolique chrétienne - (22.2 CL50)

Ces lampes romaines de forme spécifique allongée sont apparues après l’adoption du christianisme comme religion officielle de l’empire romain par les deux "grands", CONSTANTIN en déburt du 4ème siècle et THEODOSE en 381. Les symboliques du Christ deviendront alors les indications majeures et officielles pour les lampes et les monnaies romaines dans tout l’empire.






Fig.4 : Lampe romaine au symbolique érotique (raf 3)

Les magnifiques œuvres d’arts (fig.4) symboliques du romain libre dans son corps et son esprit disparaîtront à jamais à partir du 4ème siècle suite aux dogmes catholiques les plus radicaux instaurés par le spirituel AMBROISE de Milan avec la bénédiction temporelle de THEODOSE.
Ayant étouffé le courant rationnel ARIEN du christianisme de majorité officielle après CONSTANTIN, ce couple de gouvernants de composantes spirituelle et temporelle radicales, ne tolérera plus d’autres « pensées » libres ni d’autres religions. Une pourchasse impitoyable aux pensées libres, aux païens et aux judaïques sera déclenchée. La mathématicienne « Platonicienne» HYPATHIE sera pourchassée pour ses tendances libérales de son corps et de son esprit et éliminée cruellement par incitation de CYRILLE d’Alexandrie. Sa bibliothèque, joyau culturel de l'antiquité, incendiée. Les jeux olympiques véhiculant l’esprit paien interdits. Les pratiques de sexualité libertine à la grecque ( homosexualité..)condamnées. Les temples païens et juifs saccagés. Leurs richesses spoliées. Pour la nième fois, l’Histoire est le témoin d’exodes forcés.






Fig.5 : Lampe romaine 24.1 CL50

En contemplant de plus en plus la lampe à huile au symbolique du « palmier prospère » retrouvée en terre carthaginoise, je m’égare à penser que des juifs persécutés par THEODOSE ont refait le voyage de ELISSA la phénicienne, elle-même persécutée huit siècles auparavant, pour rejoindre les côtes berbères de l’AFRICA (Tunisie). Et pour s’éloigner de l’église de Carthage appelée à appliquer les dogmes radicaux instaurés par AMBROISE de Milan, ils se seraient donnés refuge aux portes du SAHARA, sur les terres accueillantes de DJERBA la douce. J’imagine encore que toutes les lampes à huile illuminant les demeures juives étaient au symbolique du "palmier prospère". Obligés de pratiquer leur culte au secret, les juifs se seraient entouré de multitudes d’objets quotidiens portant leurs symboliques. On connaissait la lampe aux douze bougeoirs, le « symbolique généalogique » des juifs, également le symbolique au sept bougeoirs, mais on ne connait pas la lampe à huile au « symbolique du palmier prospère » que NERVA a gravé sur son sesterce d’orient.



Ainsi, depuis le fameux voyage de ELISSA, la paisible île de Djerba a pu accueillir de tout temps les juifs persécutés d’orient. Ils s’y sont intégrés en sauvegardant leur culte, leurs coutumes et symboliques. Ils ont contribué à la richesse économique avec leur savoir faire dans l’agriculture, l’élevage, la céramique, la bijouterie et le textile.




Fig.6 - Bronze de Carthage (plc1) /Déesse TANIT en face et Cheval au palmier en revers.


ELISSA ne s’est pas trompé en embarquant avec elle les éternels persécutés au « palmier prospère ». Ils ont été à l’origine de la croissance économique de la grande Carthage. Et dans son symbolique du « cheval punique», Carthage a gravé pour l’éternité celui du « palmier prospère » en le désignant « SHEKEL » de Carthage (fig.6).

Moncef BENAHMED
Collectionneur numismate

Collection privée ARTnumismatique (copyright)

Disponible pour étude et consultation
carthageART@gmail.com

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